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Ce 30 janvier, je suis allé à Angoulême pour remettre le prix Tournesol de la BD. Décerné dans le cadre du festival international de la bande dessinée, il récompense un album le plus sensible aux problématiques écologiques ou le plus porteur de valeurs comme la justice sociale, la défense des minorités ou/et la citoyenneté.

Cette année, j’ai co-présidé le jury avec mon amie, la maire de Poitiers, Léonore Moncond’huy. Le lauréat 2021 est “L’Eau vive” de Damien Roudeau et Alain Bujak, un album édité par Futuropolis. Un prix amplement mérité.

Cette remise de prix est tout d’abord l’occasion de dire une chose simple : merci. Merci aux auteurs, aux scénaristes, aux illustrateurs, aux maisons d’édition qui, en créant ces œuvres, nous permettent de voyager sur place, d’explorer des univers, de traverser les frontières, de franchir les époques, de mieux nous connaître en connaissant les autres. Le divertissement qu’ils nous procurent n’est pas qu’un divertissement : c’est un lien tissé entre nous et le monde.

L’écologie ne date pas d’hier

« L’Eau vive » est une vraie réussite. Une réussite graphique, parce que la beauté visuelle et le mélange entre dessins et images réelles donne une vraie force au récit. C’est aussi une réussite narrative parce que cette BD raconte une histoire qui ne doit pas être oubliée : celle d’une lutte écologique menée pour protéger la Loire. Cela raconte aussi que l’écologie ne date pas d’hier, que des femmes et des hommes qui aimaient nos terroirs, nos paysages, nos cours d’eau, se sont levés pour préserver la Loire et donc défendre une certaine idée des rapports entre nous et la nature.

L’écologie, c’est se battre pour les générations futures mais c’est aussi se battre pour préserver ce qui nous vient du passé. Le monde n’est pas né avec nous et la sagesse de l’écologie, c’est de se rappeler que nous venons de loin parce que nous ne faisons qu’un avec le vivant. A sa manière, poétique, ludique, joyeuse, « L’Eau vive » ne dit pas autre
chose.

Ce qui vaut pour la BD vaut pour le théâtre, le cinéma, les concerts, la danse, les musées… Voilà pourquoi la culture est essentielle. Voilà pourquoi, même face à la pandémie, nous devons tout faire pour la garder vivante. La culture sert à nous tenir debout, elle est notre vraie colonne vertébrale : sans elle, tout le reste s’effondre.

© Crédit photo : H. R pour Sud-Ouest